@ Brest

Relier et partager autour du web

Le Web2Day vu par Léo Ballarin

Notre envoyé spécial Léo Ballarin était au Web2Day à Nantes. Petit compte-rendu de ce qu’il y a vu et entendu.

  • Mercredi 7 Juin

La journée commence par le train de 7h19, direction l’ile de Nantes. Une arrivée incroyable sous l’immensité de l’éléphant qui garde l’entrée du festival. Ok nous sommes tout petits dans cette fourmilière humaine qu’est le Web2Day.

Allez je me lance, premier challenge : je dois récupérer mon bracelet. Je me présente au bureau « festivaliers » et, erreur ! Mon billet est inconnu. Je suis redirigé vers les « partenaires », idem, je suis encore « inconnu ». Une goutte de sueur froide glisse entre mes omoplates. Finalement en cherchant dans une base de données spécifique, on me reconnait : la Cantine Brestoise est dans la place.

J’entre donc dans la Maxi salle de Stéréolux (après 4 cafés et 1 croissant) pour assister à la présentation du Web2Day. En quelques chiffes c’est 4500 festivaliers, 260 speakers, 196 conf, 9 lieux de conférence, des challenges (à voir), des foodtrucks, du café et de la bonne humeur.

Le moment émotion de cette présentation est la présentation du drame de la Cantine Nantaise : le feu a ravagé ses locaux en novembre dernier. Malgré ce coup du sort, elle renait, elle organise et s’organise autour de cet événement. L’entraide, la convivialité et sa capacité à travailler ensemble font de cette institution un véritable phénix moderne. Cela m’a particulièrement touché car étant membre de la Cantine de Brest, leur modèle me touche et m’inspire. Ces lieux de coworking, de networking, de conférences et d’entraides sont vitaux pour la bonne santé numérique d’une région. Ce sont des associations de premier plan et elles ont un rôle primordial mais souvent méconnu du grand public.

 « Sauver l’humain » par @Vinvin.

Après s’être battu avec la télécommande Vinvin, ou Cyrille de Lasteyrie de son vrai patronyme, rigole, blague autour de l’humain et des machines au sens large. Comment la chaleur humaine peut-elle être compatible avec la froideur des machines ? Comment notre monde se transforme pour devenir de plus en plus robotisé. Il soulève la question de notre avenir avec une certaine lucidité, tout en étant enjoué autour de ces nouvelles technologies. A la suite de cela, il nous encourage à nous questionner sur ce qui nous rend utile, qu’est-ce qu’on apportera dans cette société automatisée ? Pour se faire, il nous propose de faire un test : il s’agit de répertorier toutes nos expériences, depuis notre naissance, qui nous rendent fier. Il faut ensuite croiser cela avec nos réussites professionnelles, et à partir de là on peut retirer LA chose qu’on doit faire, LA chose dans laquelle on réussit et on s’épanouit. Voilà notre contribution dans ce monde. Pour @Vinvin c’est l’écriture, le théâtre qui sont ses fiertés et ses réussites. Il a donc décidé de mettre de côté la production audiovisuelle et ses autres activités pour se consacrer uniquement à sa passion, à ce qui le motive. C’est une vision intéressante dans la vie, ça change de ce qu’on voit généralement autour de nous : gagner de l’argent, devenir célèbre…

Ces deux premiers points de sa présentation entraînent l’introduction de son nouveau projet : les cerveaux du cœur. Comment amener l’humain à s’entraider avec les nouvelles technos mises à notre disposition. Nous n’avons pas réussi à lier les populations présentent dans la pyramide de Maslow. On remarque que les utilisateurs des nouvelles technos sont souvent dans les 3 étages supérieurs de la pyramide. @Vinvin veut créer le lien entre les populations qui luttent tous les jours et ne se préoccupent pas du besoin de réalisation de soi, et les cadres (au hasard) qui sont à 100% dans ce besoin. Pour se faire, il veut que les personnes se retrouvent dans le 3ème étage : le besoin d’appartenance à une communauté. Il lance donc un projet : apporter la connaissance à tous pour former une grande communauté et ne plus isoler les personnes. Son projet se retrouve sur machtapur.com . Inscrivez-vous, participez, débattez !

J’ai ensuite fait un workshop autour du développement fonctionnel. Ce n’était pas très passionnant donc je n’en dirai pas plus. NEXT.

En début d’après-midi, j’ai vu le gourou : @Korben et je peux dire que c’était super green ! Green dans la façon de présenter le bug bounty et ses hunters. Très bonne présentation sur ce challenge d’aujourd’hui qui est la chasse aux failles de sécurité. Pour faire simple on a changé le modèle économique de la chose : avant on payait des gens à l’année pour essayer de réparer les trous des applications, et maintenant on challenge des personnes compétentes et volontaires pour trouver des bugs à travers de courtes campagnes de chasse. Si on trouve un bug, on est rémunéré. C’est simple, c’est rapide, c’est efficace.

« Node.js partout » par Christophe Porteneuve.

Présentation relativement trollesque mais excellente. Mais Node c’est quoi ? C’est un langage que vous utilisez forcément car il est full stack : on le retrouve en backend et en frontend, bref partout. On le retrouve également dans des outils tel que npm que tout le monde utilise aujourd’hui. La majeure partie des API que vous utilisez sont faites en Node. Tous les services web sont en Node : Twitter, Google, Amazon… Seule exception, de taille, Facebook qui a développé son propre PHP performant.

Le but de cet exposé était de bien montrer la place de Node dans l’écosystème actuel et pourquoi la France est largement en retard sur cette techno. Chez nous, nous aimons encore énormément le Java EE et le PHP, grands langages poussés par les écoles encore aujourd’hui mais malheureusement très en retard technologiquement. Java c’est bien mais beaucoup de monde l’utilise très mal, ça donne des applications extrêmement lourdes, lentes et coûteuses. Node jouit, dans le Fortune 500, d’une solide réputation ; c’est simple, tout le monde l’utilise. Prenons deux exemples que tout le monde connait :

– Netflix avait un backend Java EE, classique, et ils sont passés à Node : temps de redémarrage -98% !

– Twitter a son backend en Node et supporte 25 milliards d’appel par jour, monstrueux !

Je finirai cette apologie de Node en citant quelques chiffres : Node c’est 500 nouveaux modules par jour et 9 milliards de modules téléchargés chaque mois. Vous êtes convaincu maintenant ?

Conférence sur l’eSport.

Sujet qui prend de plus en plus d’ampleur aujourd’hui dans le monde, et même en France : 30% des gens ont déjà entendu parler de l’eSport et 26% des joueurs ont déjà participé à des tournois d’eSport. Attention, Candy Crush ce n’est pas de l’eSport car on challenge un ordinateur et non un humain, à contrario HeartStone ou League of Legend font parti de l’eSport. Nous avons échangé autour du business model de l’eSport et comment des marques comme CocaCola, HP ou même Youporn entretiennent des équipes de joueurs pour se faire de la publicité. En effet, le taux de pénétration pour la publicité chez les moins de 35 ans est extrêmement faible et donc ils cherchent de nouveaux moyens pour faire parler d’eux. L’eSport est idéal car il y a un placement publicitaire permanent : sur les maillots, sur les écrans, le matériel, sur les live stream (comme Twitch, Youtube ou même Facebook). On commence à trouver de véritables écuries dans le jeu vidéo : il n’est pas rare de trouver des équipes de 37 joueurs, jouant à 8 jeux différents, des coachs, des responsables marketing, des community managers… Bref, c’est un écosystème très intéressant et en forte expansion. Si vous voulez ouvrir des gaming house et monter votre équipe, c’est le moment !

 

  • Jeudi 8 juin

« Comment améliorer son impact en entreprise » par @pascalcorpet

Pascal a travaillé pendant quelques années chez Google avec comme fil rouge : s’améliorer et évoluer. Il a commencé comme tous les juniors : il a codé tête baissée, y a passé beaucoup d’heures, à se lancer sur différentes tâches mais on ne finit jamais rien. Cela pose un véritable problème de productivité et d’impact sur notre entreprise. Il a bien entendu changer cela pour que son travail compte et pèse.

On différencie 2 populations et donc 2 objectifs distincts :

  1. Le développeur junior : il code mais en se concentrant sur sa tâche. Il faut aller vite en codant proprement pour être impactant sur la maintenabilité et la pérennité du code. Il doit également faire de la veille technologique, automatiser les tâches simples, faire des conférences et apprendre aux autres, à les aider à progresser.
  2. Le développement sénior : le management. Il va gérer tout le processus dans la construction du produit (scrum proccess). Cela implique qu’il doit le comprendre et qu’il doit se mettre du côté du produit, du côté du client pour voir les tenants et les aboutissants du projet. Il a un fort rôle relationnel également : il faut qu’il puisse recruter, d’entourer son équipe en regardant leur production et comment ils produisent. Il doit pouvoir gérer les sentiments de son équipe et pouvoir aider à résoudre de potentiels conflits. Et il peut également aider son manager pour le soulager de quelques tâches.

Il faut bien retenir que si c’est l’impact qui compte dans une entreprise, le code n’est pas le seul outil à votre disposition.

Alors on se pose tous la question : comment augmenter son impact ?

Aujourd’hui beaucoup de sociétés partent du principe que si on travaille plus, on augmente son impact. Cela est bien évidement faux : une personne peut travailler 70h par semaine mais ne rien produire car sa technique de travail n’est pas la bonne. Augmenter sa charge de travail n’aura qu’un effet sur le court terme sur notre impact. Alors autre solution des entreprises : les bons on les garde et les mauvais on les jette. Cela fonctionne car chaque Homme trouvera sa place là où il sera accepté, mais avouons-le, c’est tout de même pas très humaniste.

Un manager doué doit faire progresser son équipe et non procéder à l’écrémage systématique des équipes. Il faut se montrer bienveillant en manageant la croissance d’un développeur pour le faire progresser. Cela peut passer par des outils de psychologie comportementale, et notamment les fonctions exécutives :

  1. La mémoire : il faut travailler sur sa capacité à emmagasiner les informations et surtout à la possibilité de retrouver les données rapidement. Prenons un cas concret : on nous demande de réaliser une nouvelle fonctionnalité, si on arrive au même moment à trouver ce qui va être impacté et comment on va le faire, c’est énorme pour notre productivité.
  2. La concentration : il ne faut pas dévier de sa tâche, il faut la mener à son terme. Il faut éviter toutes les distractions, il faut être monotâche pour la mener à bien. Il faut se donner des buts à la journée, à la semaine, au mois et les respecter.
  3. La flexibilité mentale : Il faut pouvoir s’adapter, changer de voie quand on bloque. Aller aider les autres quand ils ne voient pas la solution, car un jour ils nous débloqueront aussi.

Maintenant vous avez quelques pistes pour essayer d’améliorer votre impact.

« Google Adwords : secrets et astuces cachées », je ne vais pas m’étendre la dessus car c’est assez technique. Je vous invite à aller consulter le slideshare de Florian Merlin de @medela.

« Religions et nouvelles technologies »

Débat sociétal intéressant autour de la place du numérique et son rôle à travers le prisme religieux. Comme tous les secteurs, la religion s’est invitée dans le numérique. Je n’irai pas plus loin car c’est un sujet relativement épineux et je n’ai pas envie de dire des absurdités.

Le projet carbone.io avec @DavidGrelaud.

Ils sont spécialisés dans les solutions de restauration et ils avaient besoin de générer des rapports, des menus des fiches… Mais tout le monde le sait : générer des PDF c’est long et fastidieux. Ils ont décidé de développer leur solution pour générer des documents et l’ont ouvert à la communauté. En effet, cela faisait quelques temps qu’ils utilisaient des librairies libres et ils leur semblaient normal de libérer leur code. Alors comment ça marche ? A partir d’un modèle de document que tout le monde peut faire et de données poussées dans notre code, on créé notre beau document. C’est puissant, facile et efficace. Je vous invite à y jeter un œil.

En début d’après-midi, j’ai écouté bouche-bée comment ranker son site en SEO en 3 mois. C’était un cas pratique pour nous montrer que c’était possible. En 3 mois, ils ont réussi à partir d’un nom de domaine inconnu à être dans top 15 Google et top 10 des autres plateformes. Bref, c’est juste monstrueux.

Workplace by Facebook, ou comment travailler demain dans une société moderne.

On part du postulat qu’on a mis 60 ans pour amener 1 milliard de télévision dans les foyers alors qu’on a mis qu’un an pour les smartphones et aujourd’hui le web c’est le mobile. On peut s’appuyer sur un chiffre : 53 minutes. C’est le temps que passe une personne sur Facebook par jour. Cela nous montre bien que les gens ne veulent plus que consommer des informations mais on veut personnaliser ces informations. C’est la même chose avec la communication en interne dans les entreprises, envoyer des milliers de mails impersonnels ne sert à rien, c’est du spam. Mais alors comment communiquer avec ses employés et ses collègues ? Facebook propose une déclinaison de son réseau social appliquée à l’entreprise, cela permet de communiquer facilement avec ses collègues, comme on le fait avec ses amis, avec des outils personnalisables et ludiques : vidéo, photo, live…

En 2020, 50% de la force de travail seront des personnes nées après 1995, ce sont des personnes qui veulent tout le temps être connectées. Il est donc normal de proposer des outils professionnels répondant à leur demande. Il faut embarquer les employés quelque part quand on communique avec eux. Concluons avec un exemple : tous les mois, le patron de Starbucks appelle via Workplace tous ses directeurs de café (8000) en live.

Retenons une dernière chose : le futur du monde du travail est visuel, immersif, actif et mobile.

Getty – Tendances visuelles

La vidéo est présente partout aujourd’hui, c’est 22 milliards de vidéo vues tous les jours dans le monde. Youtube diffuse 1 milliard d’heures de vidéo par jour. La moitié des internautes regarde au moins une vidéo par jour, et vous ?

Mais alors pourquoi la vidéo ? Comme nous l’avons vu à travers la conférence de Workplace, l’humain est beaucoup plus réceptif à la vidéo. Il ne faut donc pas négliger sa campagne vidéo, les marketers l’ont compris : 60% d’entre eux augmentent significativement leur budget.

Maintenant je vais revenir sur les 6 tendances de l’année 2016 dans la vidéo :

  1. Le virtuel réel qui fait suite à l’humain augmenté. La réalité virtuelle est présente partout : médicale, jeux vidéos et maintenant dans la communication.
  2. L’esthétique des couleurs. Fini les tons neutres et les pastels, on ose les couleurs. Il faut des couleurs affirmées et audacieuses. Par exemple en 2016, le vert a gagné la palme d’or. Alors stop à la monotonie, il faut de la puissance.
  3. Sans filtre. On connaît tous le hashtag #nofilter sur Instagram, et bien on fait la même chose dans la tendance globale des recherches sur Getty. Il fait suite aux tendances liées à l’authenticité. On veut un produit réaliste et non transformé. Vidéo bodyform, le sang ne devrait pas nous empêcher d’être actif, voir vidéo.
  4. La détermination féminine. Cela fait plusieurs années chez Getty que la détermination féminine est très recherchée. On veut une féminité affirmée loin des stéréotypes, on veut des combattantes, on veut des femmes actives, volontaires, persévérantes et déterminées.
  5. Voisinage planétaire. Elle va à l’encontre du repli sur soi du monde : la Terre devient un grand village. Cette tendance appelle à la convergence des communautés, à l’empathie et à l’interconnexion. On partage tout avec tout le monde aujourd’hui, il est donc très logique de retrouver cette tendance dans les recherches de Getty. Le vieille adage loin des yeux loin du cœur est en train de disparaitre et tant mieux ! Voir le clip.
  6. Spontanéité ludique. Le langage des enfants, des anti-héros maladroits, c’est OSS 117 : un retard décalé sur ce qui se passe autour de nous. On retrouve dans des cascades, des déguisements, des grimaces : on s’identifie à des personnes réelles mais sans se prendre au sérieux. Encore une fois, les réseaux sociaux ont fait émerger cette tendance. Voir vidéo.

Toutes les vidéos du Web2Day sont visionnables en replay.

La cantine brestoise

URL: http://www.lacantine-brest.net
Via un article de Jessica Pin, publié le 31 juillet 2017
©© a-brest, article sous licence creative common info
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L'abbaye Notre-Dame de Bon-Repos
par Les pieds dans le vide
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